Atelier d’Ecriture

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Témoignage d’une participante à l’Atelier d’Ecriture

L’animateur d’un atelier que j’ai bien connu posait toujours en préambule cette question :

— Qu’attendez-vous d’un Atelier d’Ecriture, que pensez-vous trouver ici pour ajouter à votre savoir- faire ?

Et presque toujours, quels que soient l’âge et le parcours de la personne, le premier argument présenté s’imposait :

— parce que j’ai ce projet, mais je ne sais pas par quel bout prendre la chose, comment m’organiser pour, comment on commence…

Par nature, un Atelier d’Ecriture est une micro société constituée de personnes différentes et n’a pas vocation à résoudre des problématiques particulières, mais les techniques proposées permettent de déverrouiller insensiblement les multiples freins naturels que rencontrent un écrivain occasionnel. Le rapport à l’écriture, la page blanche, le choix du mot, du thème, l’accroche du lecteur – premier témoin de l’existence de votre création – la chute tellement importante, parce que c’est elle qui maintiendra en mémoire l’intérêt du lecteur, ce sont des techniques qui se travaillent en groupe par des jeux, des échanges, des partages à tour de rôle.

On y apprend que, pour gagner en aisance, l’attention prêtée aux mots des autres participants agit comme un ressort. Au fil des séances, on se laisse surprendre par la variété des textes écrits, on se prend au jeu, on apprécie l’intention qui justifie un choix d’assonance ou une inversion de paragraphes… Et je peux vous assurer que cela génère souvent quelques éclats de rire… Pour peu que l’on ne se prenne pas pour le prochain Goncourt de la Nouvelle.

Que cette réserve – confiée en toute humilité – n’empêche pas l’envie de travailler son texte. Une séance réussie se clôt à mon sens avec l’envie in petto de s’y remettre pour achever, poursuivre l’ébauche de texte tout juste partagée, le parfaire, quand bien même il ne s’agit pas de l’œuvre personnelle que chacun souhaite poursuivre. Comme un musicien travaille ses gammes, le sportif du verbe s’entraîne à acquérir le réflexe du mot et son articulation dans le récit.

Je vous livre ici un exemple personnel issu de l’atelier animé par Maryse Vanier fin 2017.

Le premier débute par un paragraphe modeste, écrit en séance selon la consigne suivante :

10 minutes pour écrire un texte contenant 4 mots : Bravement, oser, émerveiller, cheval…

Dans la lumière trouble du matin, oserai-je encore m’émerveiller de retrouver ta silhouette hardie crevant l’écran argenté qui monte de la rivière ?

Tu m’attendais alors. M’attends-tu toujours ?

La lueur furtive qui allume ton regard m’encourage et me pousse à ta rencontre.

Bravement, j’avance.

J’avance et je guette les vagues des frissons d’émotion qui courent sous la soie de ta robe. Comme toujours, comme jadis, quand tu étais encore mon partenaire, mon alter ego, mon cheval…

C’était avant…

De retour chez moi, j’ai ouvert mon ordinateur pour y poser la suite qui m’avait trotté dans la tête sur le chemin du retour :

Avant l’accident et mes jambes tordues désormais, avant ces béquilles maladroites, avant ce doute ravageur. Je voudrais poser mon visage contre ton chanfrein si doux, abandonner ma main sous la chaleur de ta crinière, sentir ton souffle dans mon cou sans craindre d’être déséquilibrée.

Je voudrais être certaine que tu comprends combien tu n’y es pour rien, que je devrais être seule à payer mon erreur. Combien je voudrais te voir encore porter fièrement une cavalière au-dessus d’obstacles toujours plus hauts, admirer tes allures grandioses et ton cœur ardent à l’effort.

Je voudrais pour toi un autre avenir que ce pré de remise humide. La retraite d’une monture m’apparaît plus triste que celles que se ménagent les hommes.

Du plus profond de mes souffrances, je t’adresse une promesse, mon cheval, mon équipier, mon partenaire. Nous allons oser partir bravement à l’assaut de nos handicaps. Alors nous pourrons nous émerveiller de chaque progrès. Et nous bannirons de mémoire d’homme jusqu’au souvenir de notre chute.

Cet atelier a dû se mettre en stand by, faute de participants, ce qui enlève une grande partie de son intérêt, de partage…

Nous le proposerons à nouveau en septembre 2018. Cela vous donne le temps de la réflexion.  Et comme tous les ateliers proposés au VAL, vous aurez la possibilité de séance d’essai..

Oserai-je, vous dites-vous ? Chiche !